- ARGONNE –

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L'ESCOUADE DE FER.

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L'Escouade de Fer, de la 9ème Cie. Du 407ème, c'était la mienne! Elle était renommée du 3ème Bataillon, et avait été appelée ainsi par le Caporal GOERRY, Chef de la 7ème, en Juillet 1915, grièvement blessé le 28 Septembre 1915, et dont j'avais pris la place  comme Caporal.

            Pendant douze mois, je vis passer trente cinq poilus à l'escouade dont j'avais le commandement! Tous bon garçons, dont j'ai conservé un excellent souvenir!

DIDIER Adrien, agent de liaison, natif de Cornimont, dans les Vosges, était  un petit gars vif, tenace très courageux. Il fit tout la campagne sans une blessure! Plusieurs citations! Nommé Caporal à Verdun… Disparu le 23 juin 1916, dans le ravin de Vaux-Chapitre…

ROBIN Jules – VALLAT François – VARENNES Pierre – DESROCHES Louis, quatre braves types de la classe 1904, du recrutement de Le BLANC. Ils furent portés disparus à l'attaque allemande du 21 Février 1916 sur Givenchy. J'ai su, par la suite, que VALLAT fut amputé d'un bras, et DESROCHES tué par un obus…

DELFRARI Nicolas, un brave garçon aussi, celui-là! Blessé à Souchez le 21 Février 1916…

BESSOT ALFRED, un Vosgien, fut fait prisonnier le même jour, avec ROBIN et VARENNES…

RIQUET Gustave, blessé grièvement à Verdun le 23 Juin 1916. C'était un bon cœur! Il se serait fait hacher pour son Caporal! !

            Ils furent remplacé à l'escouade par  HERBRECHT Edmond – GIROUD louis – COLLARDOT Daniel – BENOITON Gaston – COLLIN Charles – PICARD – DUPLAIN Louis – GUIGNARD Ferdinand. Le pauvre GUIGNARD fut tué le 23 juin 1916 à verdun. COLLARDOT fut grièvement blessé le même jour. DUPLAIN fut blessé à un œil à Seicheprey, Lorraine en Mai 1917. HERBRECHT Edmond, un Belfortain, bon petit soldat qui était très gentil avec moi, fut fait prisonnier à la bataille de l'Aisne, le 27 Mai 1918…

Pierre YGREC fut grièvement blessé pendant la bataille de l'Aisne… PICARD André, une balle dans l'épaule, 5 Août 1916 – DUTERLAY Lucien, blessé par éclat de grenade le 2 Septembre 1916 – MERCY Marcel, blessé le 13 octobre 1916, à Verdun – BALLET Auguste, blessé dans l'Aisne, Mai 1918 - , fut tué en même temps que MERCY, et LAFORET Auguste.

François DONZE, blessé le 3 Août 1916 en Argonne, rentré à la Compagnie le 15 Septembre, blessé le 1er Novembre 1916…

BEINEX André, blessé en Argonne – DESBUARD Pierre, tué à Eglingen, Alsace, Juillet 1918 – DUCHAUFOUR Désiré, blessé le 20 juin à Verdun – AUDO Félix, tué à Saint-Etienne-sur-Arnes, Ardennes, Novembre 1918 – Le SAINT-GEORGES, tué à Verdun en Juin – BOULOT Armand, blessé à Verdun le 17 Juin 1916 – COQUARD Yves, signaleur, intoxiqué par ypérite au ravin des Grelines, Chemin des Dames, mort deux jours après – Louis AUDEBERT, tué à Sainte Marie à Py, en Septembre 1918 – GRAND Clément, tué à Hurtebise – BEZOMBES Albert, blessé le 28 Septembre 1915, tué en Février 1917, à Seicheprey, Lorraine – BAUGAD julien, tué à l'attaque du bois de la Folie, Artois, 28 Septembre 1915 – ALLIN Thomas, tué le même jour. – BABAULT Maurice, une balle dans une jambe, même lieu – BERNIQUET, blessé dans une jambe, Artois 1915 – BIOT Amédée, éclat de grenade, Artois – ARNOULT Laurent, blessé deux fois en Artois – BAZIN Victor, une balle dans un genou, Artois – GRANJEAN Raoul, disparu, avec VANNIER Gaston, le 29 Septembre 1915, à la Folie – TANCRET Robert, tué à Souchez – BOUILLAGUET, tué à Souchez – GOERRY Alfred, blessé grièvement – AMILLET, tué à Roclincourt - …….

            J'en oublie, car depuis dix ans, ma mémoire me fait défaut, pour me les rappeler, tous… Dans ce récit, je parle souvent de tous ces braves camarades.

            Je passais observateur en Novembre 1916, mais jusqu'à la dissolution du régiment, mon plus grand plaisir était d'aller faire un tour parmi ma compagnie, et je peux dire que j'ai toujours été reçu les bras ouverts, par mon escouade; que se soit au repos ou au tranchées!

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            Le 1er Août 1916, j'étais de retour, à la 9ème compagnie, après un mois de  et sept jours d'hôpital et de convalescence. Le premier officier que je vis à la compagnie fut le Capitaine PECHINE. Il me serra la main, en me disant; " Eh bien! ARVISENET, vous voilà de retour à la Compagnie! Vous n'allez pas être content! Vous avez un remplaçant à la 7ème escouade, c'est le Caporal PARIS… "

            Je bondis au bureau, trouver le Sergent-major, qui, après avoir rouspété, mit PARIS à la 5ème escouade, et me redonna le commandement de mon

" Escouade de fer " !

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