Samedi 30 mai 1915.

Bien chers Parents,

Maintenant qu’un bon nettoyage m’a délivré de la poussière que nous avons ramassée ce soir en auto, je viens vous écrire ces deux mots.

L’ordre est venu de quitter les tranchées jeudi soir à 11 h nous étions en route et à 5 h du matin nous étions dans un cantonnement. Ici roupillon jusqu’à 10 h et à midi en route pour faire nos 40 km en auto à raison de 18 hommes par camion. Demain réveil à 2 h et embarquement en chemin de fer pour une destination inconnue. Tout va bien. Je vous embrasse à la hâte afin que ma carte parte ce soir.

Paul